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Friday, November 2 • 2:00pm - 3:30pm
3.A. La Main à Plume et après

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PANEL. La Main à Plume et après

NOTE: the papers in this panel will be delivered in French

"Les activités surréalistes en Belgique déroulées autour de Magritte sous l'Occupation"
Eiko Suita
Nihon University

En 1943 à Bruxelles sous l'Occupation, René Magritte change radicalement sa manière de peindre et éxécute des tableaux selon une technique empruntée aux impressionnistes. Ces tableaux ont été exposés dans l'atmosphère clandestine et les expostions ont suscité les attaques par des collaborateurs nazis. Les publications successives de monographies sur Magritte ont aussi fonctionné comme une sorte de manifeste, dont l'auteur est respectivement Marcel Mariën et Paul Nougé. Durant l'hiver 1945-1946 après la Libération, Magritte organise la grande exposition «Surréalisme» à Bruxelles qui, d'après Mariën, est la «première manifestation collective de ce genre depuis la guerre». Dans le catalogue de l'exposition on voit les mots de Nougé qui ironisent sur le surréalisme d’André Breton: «Exégètes, si vous voulez y voir clair, rayez le mot surréalisme». Encouragé par le succès de cette exposition, Magritte nomme sa nouvelle tendance picturale «Le Surréalisme en plein soleil» et considère qu'elle indique le chemin que devrait prendre le surréalisme après la guerre. Il a essayé de faire comprendre ses idées à Breton de retour, mais Magritte a été rejeté. Ainsi sont nés des manifestes écrits de la part de Magritte dont la plupart sont restés inédits. C'est à ce moment-là que Christian Dotremont invite Magritte et ses amis au Surréalisme révolutionnaire. Magritte n'a pas participé à ce groupe, mais on ne pourrait pas négliger son influence sur ces activités de la nouvelle génération. Son rôle relativement dirigeant parmi les surréalistes belges remonte jusqu'en 1940 où il organisait avec le photographe Raoul Ubac L'Invention collective. Cette revue ne compte que deux numéro à cause de l'invasion de la Belgique par l'Allemagne nazie, mais elle était la première occasion de faire collabobrer les surréalistes de trois régions: Bruxelles, Mons (Hainaut) et Paris. D'après Mariën, c'est cette revue qui a poussé Dotremont à contacter les surréalistes bruxellois.

"Le surréalisme-révolutionnaire et la réorganisation de groupes d’avant-garde"
Shindô Hisano
Université de Matsuyama

En 1947 est formé le groupe appelé «le surréalisme-révolutionnaire», qui a levé l’étendard de la révolte contre André Breton revenant des Etats-Unis en 1946. Les deux dirigeants principaux du surréalisme-révolutionnaire, Noël Arnaud et Christian Dotremont, avaient participé au groupe surréaliste sous l’Occupation allemande, «La Main à plume», pour conserver l’activité du surréalisme en l’absence de membres principaux. Pourquoi les anciens membres de la Main à plume se sont-ils opposés à Breton ? A cette question s’efforce de répondre mon intervention, en se penchant sur les publications collectives des deux groupes surréalistes et les mémoires et les interviews publiés d’anciens membres de la Main à plume. Les publications des deux groupes surréalistes témoignent des raisons pour lesquelles les anciens membres de la Main à plume ont rompu avec Breton: ils n’ont pu partager la conscience temporelle avec Breton. Celui-ci persiste à ne pas permettre à l’activité artistique d’intervenir intentionnellement dans le futur : une telle attitude n’était plus convaincante pour les anciens membres de la Main à plume, qui étaient obligés, pendant la guerre, de se poser une question urgente: «de quelle manière peut-on améliorer la situation actuelle?» Non seulement le surréalisme-révolutionnaire marque la fin de la Main à plume, mais également il constitue pour les jeunes poètes une occasion de réfléchir sur de nouvelles orientations après leur expérience du surréalisme. La remise en cause du surréalisme-révolutionnaire nous incite-t-elle à réfléchir le surréalisme d’après-guerre sous les relations avec des groupes avant-gardistes contemporains.

"La Main à plume: un surréalisme sous contrainte"
Léa Nicolas-Teboul
Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3

La Main à plume est un groupe surréaliste actif en France pendant l’Occupation allemande. La notion de contrainte, a priori antinomique avec la pensée surréaliste, nous permet de saisir la spécificité de cette séquence: comme contrainte extérieure – poids des circonstances – et comme contrainte formelle susceptible de renouveler le sens et les formes de l’invention surréaliste. La contrainte détermine l’inventivité éditoriale de la Main à plume, sa réappropriation en situation de l’héritage surréaliste. Des méthodes de contournement de la censure sont inventées, et les formes d’agitation du premier surréalisme sont investies dans des écrits-frontière littéraires et résistants. La Main à plume est marquée par la guerre, les conditions de vie difficiles, les persécutions contre les étrangers et les juifs. La vie collective se déplace vers des solidarités matérielles – la fabrication de faux-papiers pour certains, l’accueil d’amis menacés. Le clan surréaliste s’en trouve à la fois questionné et revalorisé. Enfin, les jeux d’écriture ne sont pas pensés comme «purs» mais comme des mécanismes faisant opérer une contrainte «dure» qui complique le jeu de l’automatisme. Nouveauté et germination émergent du matériau lui-même et non de l’intériorité du sujet. La notion de contrainte circonscrit donc l’historicité de ce moment surréaliste et éclaire son rapport aux «ancêtres». La Main à plume peut apparaître comme une séquence matricielle d’un rapport de fascination-répulsion vis-à-vis du mouvement «historique» permettant de penser les avant-gardes d’après 1945.

Speakers
SH

Shindô Hisano

Université de Matsuyama
LN

Léa Nicolas-Teboul

Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3
ES

Eiko Suita

Nihon University

Chairs
MY

Monique Yaari

Pennsylvania State University


Friday November 2, 2018 2:00pm - 3:30pm
Room A. Hildreth-Mirza Hall: Great Room Annex (ground floor)